Culture
- Publié le 18 octobre 2022

Exposition "Illusion végétale" par Isabelle BRAEMER

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Venez découvrir cette nouvelle exposition de peintures !

Contenu

Exposition de peintures du mardi 8 novembre au vendredi 19 novembre 2022

Vernissage mercredi 9 novembre à 18h30 - salon de réception (1er étage - Mairie du 6e)

sur inscription : camille.annequin@mairie-lyon.fr 

 

"Mon travail commence avec les prises de vue « in situ » en pleine nature, un petit bois précisément, lieu d’heureux souvenirs liés à l’enfance, les photos sont cadrées de telle façon à ce que le ciel et la terre restent invisibles , les arbres forment une masse où seule la lumière pénètre et vient se réfléchir sur les feuilles . Le direction et l’orientation des feuillages, des troncs et branches sont imprécis, on peut regarder les photos dans plusieurs sens sans altérer la logique de l’image. Je passe ensuite à la peinture. Je travaille à l’huile sur toile de grandes tailles et d’après les photos.

Je pars tout d’abord avec une peinture très fluide et privilégie le geste en réinterprétant la photo, puis une phase de coloration ou chaque trace fluide est retracée, on s’éloigne de la photo pour créer un effet d’optique, la toile ne laisse paraitre que des taches de couleurs dont aucune formes ne s’apparentent à une feuille ou une branche, ce n’est que de loin que l’on voit la forêt.

Je veux que ma forêt soit enveloppante et rassurante comme un lieu privilégié qui protège toutes les espèces et notre propre vie.

Le paysage contemporain n’est pas seulement l’image de la nature telle que nous la voyons, nous sommes le paysage l’homme habite la terre et la modifie selon ces besoins et pas seulement, nous l’impactons de façon esthétique, le paysage est une nature déjà modifiée, il nous révèle. Mes forêts sont  touffues enveloppantes et sauvages, proches de la forêt primaire, quoique il y a un sentier, des débroussaillages réguliers, la mousse envahie le sol, et les souches donnent naissance à d’autres souches, mais l’impact de l’humain est presque invisible, si discret que l’esthétique de la forêt est proche de l’image que je souhaite en avoir, mon imaginaire rejoint cette réalité, cette forêt  presque sauvage représente pour moi la beauté, le paysage parfait.

Je suis proche de cette forêt, mais je sais qu’elle m’échappe, elle devient unique par sa rareté et sa précarité, je vais moi-même la détruire, nous allons l’envahir, quand j’allais dans ce bois, enfant, la balade durait une heure en pleine forêt sur le sentier de mousse, il fallait enjamber les souches et faire attention à ne pas écraser les plans de myrtilles, ou les manger. Aujourd’hui le tour se fait en 20 minutes et on tombe directement sur une serre géante en plastique de plantation de groseille framboise et myrtilles qui font trois la taille de celle de notre enfance, la nature est remplacée et le paysage tel que je l’ai choisi est réduit et limité par des zones de plastiques, de gravats et de chantier ; les myrtilles naturelles sur le chemin ont disparues, mon paysage mute et se fragilise, notre impact le modifie et la beauté est aussi réduite dans l’espace.

Nous sommes le paysage, nous nous battons pour reconquérir cette parcelle sauvage et la préserver, mais quand nous l’oublions, quand nous ignorons son esthétisme et sa beauté, la nature est désorientée, les forêts prennent feu, les rivières sortent du lit, et le paysage meure."

Isabelle Braemer

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