Culture
- Publié le 18 juillet 2022

Exposition photos "Archéologie d'une absence Juifs en Tunisie"

Vignette

Du mardi 13 septembre au vendredi 23 septembre 2022, venez admirer le travail de Mathilde AZOZE dans le salon de réception (pendant les horaires d'ouverture de la mairie). 

Vernissage le Mercredi 14 septembre 2022 à 18h30 (Inscription : camille.annequin@mairie-lyon.fr, tél : 04 72 83 15 33)

Contenu

 

ARCHÉOLOGIE D’UNE ABSENCE : JUIFS EN TUNISIE.


La gastronomie, la musique, l’architecture, les croyances... L’impossibilité de faire le catalogue des influences juives dans la culture tunisienne souligne la vanité d’une pareille entreprise. L’importance de ces liens suggère une telle imbrication, un tel entrelacement des cultures qui va jusqu’à remettre en question les frontières que l’on a pu tracer entre l’une et l’autre.
Il ne reste plus qu’environ 1 500 juifs en Tunisie, soit moins de 0,1 % de la population totale – ils étaient plus de 70 000 en 1946. De l’assimilation française à la création de l’État tunisien moderne, en passant par l’émergence de l’idéologie sioniste et le traumatisme de l’occupation allemande lors de la Seconde guerre mondiale, le destin de cette communauté est intimement lié aux grands bouleversements qu’a connu le pays tout au long du XXe siècle.
Aujourd’hui, elle constitue une marge de la société tunisienne. Son absence apparaît de manière vertigineuse, dans l’espace public mais également au sein des représentations collectives : les relais du récit national tunisien — à l’instar des programmes scolaires — omettent bien souvent de mentionner cette communauté, pourtant présente sur le territoire depuis plus de 2000 ans.
Traiter la thématique de la mémoire juive tunisienne me semble aujourd’hui une nécessité. Derrière le travail de mémoire et de documentation historique d’un patrimoine, il s’agit de replacer une communauté dans un espace qui lui est refusé, d’ouvrir à un narratif différent des relations judéo-musulmane au Maghreb. La trace, le vestige, le souvenir, ne sont là que des points de départ. De l’objet à l’idée, du terrain à la narration, c’est une démarche qui, selon moi, s’apparente à une forme d’archéologie. 
Ces 13 photographies sont extraites d’un travail mené depuis deux années aux côtés de Léo Samir Rougier, sur l’ensemble du territoire tunisien, et soutenu par la Fondation Rosa Luxemburg.


Mathilde Azoze

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