Le boulevard des Belges

Accroche détaillée

À l’issue du déclassement des fortifications en 1884 et de la destruction du fort de la Tête-d’Or et de la lunette des Charpennes, à la suite aussi du remblaiement des fossés d’enceinte, un vaste espace de près de cent soixante-sept hectares est libéré entre le parc de la Tête-d’Or et le boulevard du Nord.

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Le long des deux entrées du parc, pas moins de vingt-sept parcelles sont offertes au lotissement.

Mais l’opération traîne en longueur – la voirie n’est achevée qu’en 1895 – et ce n’est qu’au début des années 1890 que les premières constructions voient le jour, les parcelles offrant une mitoyenneté avec le parc étant les plus prisées (côté impair).

 

L’idée est de créer un ensemble résidentiel composé de villas, d’hôtels et de maisons bourgeoises sur le modèle du parc Monceau à Paris.

En 1903, la pose des somptueuses grilles dessinées par Charles Meysson à l’entrée principale du parc donne le ton au nouveau quartier en l’inscrivant dans cette filiation prestigieuse.

Ce n’est qu’en 1899 que les premières constructions voient le jour : villas, hôtels particuliers et châteaux s’élèvent côté impair tandis que le côté pair voit la construction d’immeubles de rapport.
En 1904, le jeune Tony Garnier étudiera un projet de lotissement en bordure du parc, mais ses villas resteront à l’état d’architecture de papier.

 

Parmi les plus imposantes constructions du boulevard, citons l’immeuble construit par l’architecte Barthélemy Delorme au n°1 (1900-1901), l’hôtel-château Laurent-Vibert construit par François Rostagnat au n°15 (1906) avec son décor néo-Renaissance ou encore les immeubles construits au n°52 et au n°54 avenue Verguin par François-Xavier Thoubillon (1909-1910).
La villa construite au n°45 par l’architecte G. Bouilhères offre un rare exemple de décor Art nouveau.
Enfin, les deux hôtels dessinés par Antoine Sainte-Marie-Perrin pour l’industriel Auguste Isaac méritent une mention particulière en raison de leurs bossages rustiques et de la qualité de leurs aménagements intérieurs (31, 33).

 

Le boulevard des Belges compte également de nombreux immeubles construits dans l’entre-deux guerres parmi lesquels deux sont signés de Marius Bornarel (14,14 bis et 18) en 1931, offrant d’élégantes façades Art déco, rythmées par des bow-windows «habillés» de tuyaux d’orgues.

Le grand prix de Rome Jacques Perrin-Fayolle signera les derniers immeubles haut de gamme de l’avenue, qu’il s’agisse de celui situé à l’angle de l’avenue de Grande-Bretagne (avec Félix Brachet, 1961), véritable proue de la rive gauche, ou encore de l’ensemble immobilier construit aux numéros 9, 10 et 11 du boulevard dans une veine corbuséenne.

Nombre de villas et d’hôtels ont été démolis au fil des années, parmi lesquels le splendide hôtel néo-dix-huitième siècle du 39 boulevard des Belges dessiné par Henri-Paul Nénot, l’architecte de la nouvelle Sorbonne et du palais de la SDN [Société des Nations] à Genève, pour Edmond Gillet.