Le parc de la Tête-d'Or

En 1637, une dame Lambert légua une importante partie de son domaine de la Tête-d’Or à l’Hôtel-Dieu de Lyon.
En 1735, une grande étendue de « breteaux » fut acquise par le même hôpital. L’idée de faire de ces lieux un grand parc public ne pouvait manquer de s’imposer.
Le 14 mars 1856, le préfet Vaïsse traita avec les Hospices en vue de l’acquisition par la Ville du domaine de la Tête-d’Or (ainsi nommé car on disait qu’un trésor comportant une tête du Christ en or était caché là).

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Les frères Denis et Eugène Bühler, paysagistes renommés, furent chargés de dessiner et de mettre en oeuvre la réalisation d’un parc selon le modèle anglais, très à la mode sous le Second Empire.

 

Il est composé d’une grande pelouse et de longues ailées, d’un lac de seize hectares, d’une petite vallée alpine arborée, d’un belvédère, d’un petit bois, d’un jardin botanique et zoologique, de nombreuses aires de jeux auxquels s’ajoutent quatre roseraies, une grande serre et deux serres plus petites ainsi qu’un vélodrome.

Inauguré en 1857, le parc de la Tête-d’Or compte aujourd’hui encore pour l’un des plus grands parcs urbains de France.
Il s’étend sur cent dix-sept hectares, dont sept sont dévolus aux collections inestimables du jardin botanique.
Il compte plus de huit mille huit cents arbres parmi lesquels des platanes qui atteignent quarante mètres de hauteur, des cèdres du Liban, des tulipiers de Virginie, des ginkgos biloba, des cyprès chauves et des séquoias géants.

 

En 1894, le parc de la Tête-d’Or est le théâtre d’une Exposition universelle, internationale et coloniale.

Dix ans plus tôt, en 1884, les forts de la Tête-d’Or et des Charpennes ont été déclassés et rasés pour la création du boulevard du Nord, aujourd’hui boulevard des Belges.

En 1902, les grilles monumentales dessinées par Charles Meysson viennent fermer l’entrée principale du parc, à proximité immédiate du monument aux Enfants du Rhône, défenseurs de la Patrie (1870-1871), inauguré en 1887 (Étienne Pagny sculpteur).

 

De nombreuses constructions dessinent le visage architectural du parc.

Outre la grande serre et la serre des agaves, conçues par Guillaume Bonnet en 1865 – la première est reconstruite de 1877 à 1880 –, la serre Victoria, inaugurée en 1887 (détruite en 1980), et l’orangerie, construite dans la partie orientale du parc (Tony Desjardins, 1865-1871), c’est véritablement le XXe siècle qui laissera l’empreinte la plus durable. Citons en particulier le pavillon des gardes avec ses accents régionalistes, qui compte pour l’un des chefs d’oeuvre d’Eugène Huguet (1908-1909), l’embarcadère aux lignes Art nouveau (Étienne Curny, 1913), la vacherie de Tony Garnier (1904) – première commande publique de l’architecte – et surtout l’imposant monument aux morts de la première Guerre mondiale construit par le même architecte sur l’île aux Cygnes, qui dégage une rare mélancolie.

 

En 1932, l’île aux Cygnes sera reliée aux berges par un souterrain.

Peu après, en 1932-1933, un nouveau vélodrome est construit à l’emplacement même de celui aménagé lors de l’Exposition internationale de 1894.

Le pavillon du parc est reconstruit à son tour en 1963.

La même époque voit la création de la nouvelle roseraie (1961-1964).

 

Plus récemment, l’aménagement de la plaine africaine, d’une giraferie et d’un bâtiment des zèbres (Ellipse architectes, Jacqueline Osty paysagiste, 2006) vient apporter une note contemporaine dans cet environnement exceptionnel.

 

Inscription monuments historiques: grille à l’entrée principale avec ses piliers dite aussi porte des Enfants du Rhône, place du Général-Leclerc ; grille ou porte Montgolfier, avenue Verguin ; monument aux morts dans l’île du Souvenir ; serre hollandaise ; deux grandes serres ; serre dite des Camélias et serre des Pandanus.